Dimanche 28 juin à Arras, les 6 jeunes apprentis Primeurs en lice pour la finale nationale ont décroché le titre prestigieux de Meilleur Apprenti de France, au terme de 4 heures d'épreuves intenses.
Aurélie Mallet a commencé son aventure dans le commerce il y a 13 ans. C’est sa passion pour le fromage qui l’a poussée à reprendre un commerce historique fondé en 1946 dans le centre-ville de Saint-Sever dans les Landes. Elle a pensé son commerce à son image, comme un lieu d’échanges et de rencontres où elle vend des fruits & légumes, du fromage et des produits d’épicerie fine.
Comment avez-vous pensé votre commerce ?
Aurélie Mallet : J’ai gardé la philosophie de mes prédécesseurs qui étaient là depuis 30 ans. Ils m’ont accompagné sur la partie fruits et légumes et j’ai fait une petite formation en fromagerie. Cela fait maintenant 13 ans que je fais ce métier. J’ai déménagé il y a trois ans dans une boutique plus grande, ce qui m’a permis de me développer. Les fruits et légumes représentent toujours la part la plus importante de mon chiffre d’affaires, suivi du fromage puis de l’épicerie fine. J’ai réservé un espace à la vente d’accessoires autour du thé, notamment des théières, des tasses… En parallèle, j’ai créé un coin salon de thé qui me sert à faire des animations et des dégustations de produits et est un réel lieu d’échange avec mes clients. J’ai déménagé pour développer mon activité mais surtout pour faciliter la logistique grâce à un local de plain-pied réunissant l’espace de vente, la réserve et des bureaux. Avoir un outil de travail fonctionnel, c’est un confort au quotidien ! Dans notre métier, ce que je préfère, c’est la vente, le contact avec la clientèle et la sélection des produits aussi, parce qu’ils se renouvellent chaque saison. Ma priorité est de fournir de bons produits, de faire plaisir à mes clients.
Où êtes-vous située ?
Aurélie Mallet : Je suis en plein cœur de ville, je me suis posée la question d’aller en zone commerciale mais ce n’était pas du tout ma façon de voir les choses. A mes yeux, le centre-ville et les petits commerces sont essentiels. Je suis fille d’artisan et de commerçante, il est important pour moi de contribuer à dynamiser ma ville et de faire vivre le cœur de ville, même si c’est de plus en plus compliqué aujourd’hui. J’ai la volonté de développer un service de « click and collect » car les clients sont de plus en plus pressés. Ils prennent moins le temps de faire leurs courses chez le primeur, le boucher ou le charcutier. Je pense que si on ne rentre pas dans le numérique, on n’existera plus dans quelques années, ou plus beaucoup. Je vais tester, on verra bien, mais je pense qu’il va falloir s’y mettre.
Comment séléctionnez-vous vos produits ?
Aurélie Mallet : Pour l’approvisionnement, je privilégie la qualité avant tout. Si on est primeur, ce n’est pas pour vendre ce qu’on trouve en grande surface. Je ne cherche pas le premier prix. Pour les fruits et légumes, je travaille avec le même fournisseur depuis treize ans et aussi en direct avec les producteurs, donc il y a une vraie relation de confiance. Pour sourcer les autres produits, je me déplace sur les salons, notamment le salon de l’épicerie fine à Paris et le salon du fromage aussi, à peu près tous les deux ans.
Quelle est votre clientèle aujourd’hui ?
Aurélie Mallet : Ma clientèle a rajeuni, les clients âgés qui venaient presque tous les jours disparaissent peu à peu. Aujourd’hui, j’ai davantage de clients entre 40 et 60 ans. Il y a encore des clients âgés avec qui on a une vraie proximité, presque familiale, mais ce ne sont pas eux qui font le panier moyen. Ils prennent peu à chaque passage. Les plus jeunes viennent moins souvent, mais quand je leur parle du drive, ils me disent que ce serait super parce qu’ils n’ont pas le temps. Tout le monde court après le temps. Les clients font leurs courses pour la semaine et ne reviennent pas forcément pour de l’appoint. Ils viennent une fois par semaine, parfois une fois tous les quinze jours.
Pourquoi vos clients viennent-ils chez vous ?
Aurélie Mallet : Le client ne se sert pas directement, ce qui permet de réduire les pertes et surtout d’offrir un vrai service. En servant le client, on sait exactement ce qu’il veut en termes de maturité. Il y a des gens qui viennent chez moi uniquement pour les avocats, parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas tripotés et qu’ils seront à maturité parfaite. C’est cette proximité et ce service qui font la différence. Par ailleurs, on fait régulièrement des dégustations de fromages, de fruits, de nouveautés et on s’aperçoit que dès qu’on fait goûter, les gens achètent. Je vais aussi organiser une intervention avec une diététicienne, pour parler de saisonnalité, d’équilibre alimentaire et d’accords entre les produits. Le salon de thé sert aussi à ça, comme lieu de rencontre et de découvertes.
Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ?
Aurélie Mallet : Je vois l’avenir par le numérique, avec le « click and collect », tout en gardant le service de proximité. Mais c’est de plus en plus compliqué : les charges, les réglementations, la facturation électronique, la paperasse. On passe trop de temps derrière l’ordinateur et pas assez dans le magasin. J’aime énormément mon métier, j’adore la vente et mes produits. J’ose espérer que le commerce de proximité va perdurer et résister, parce que c’est essentiel !
Dimanche 28 juin à Arras, les 6 jeunes apprentis Primeurs en lice pour la finale nationale ont décroché le titre prestigieux de Meilleur Apprenti de France, au terme de 4 heures d'épreuves intenses.
La 1ère centrale d'achat de Saveurs Commerce réservée aux entreprises adhérentes et à leurs salariés.
Julian Bataille, primeur à Leers dans le Nord, incarne la troisième génération de commerçants de proximité. S’il est à son compte depuis sept ans, son lien avec le commerce de proximité est bien plus ancien puisqu’il a accompagné ses parents et grands-parents respectivement primeurs, fleuriste et boucher.